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Billets d'humeur de Désiré

Mai 2017

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On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur.

 

L’épisode du pic de pollution aux particules fines qui a touché la quasi-totalité du territoire au mois de janvier dernier justifierait grandement ce vieil adage.

Mais les mesures gouvernementales sont loin d’être aussi radicales et c’est assez incompréhensible.

Rappelons que l’exposition régulière aux particules fines est responsable d’une mortalité plus précoce et de l’augmentation des cancers bronchitiques.

Face à un tel danger, le bon sens commanderait de faire cesser totalement les activités responsables de cette pollution. Mais bizarrement, les autorités se bornent à interdire à la moitié des véhicules (plus ou moins) d’accéder à certaines grandes villes. En bref : ça reste mortel, mais ça ne tue que la moitié des populations les plus fragiles.

Mais ça tue quand même !

Devant un tel risque, la réaction d’un humain normalement constitué serait de prendre les jambes à son cou pour se mettre à l’abri dans un département épargné par les poisons en suspension… par exemple en Lozère ?

Mais non. Nous n’avons pas assisté à un afflux de citadins à bout de souffle venus demander l’asile respiratoire.

Qu’est-ce qui peut bien les retenir dans les mégalopoles ?

En premier lieu, c’est évidemment l’emploi, car l’humain cherche avant tout un moyen de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Et les possibilités de trouver un travail sont plus grandes dans les grandes villes.

Une fois rassuré quand à ses facultés de subsistance, l’humain veut pouvoir se loger, se faire soigner, éduquer ses enfants, acheter des biens et se distraire. En premier lieu il se contente d’une offre basique, mais son pouvoir d’achat augmente… et ses aspirations aussi, et il recherche une offre plus élevée, plus sophistiquée.

Et comme la demande évolue, l’offre s’adapte au fur et à mesure, et rend le « consommateur » captif ; un peu comme l’automobiliste prisonnier de son giratoire (cf «plaisir des sens » de Raymond Devos).

Et à force de tourner, il participe à l’aggravation de la pollution atmosphérique et s’expose à un risque mortel…

Évidemment, vous allez trouver ça absurde, et à juste titre, vous qui vivez dans un environnement quasi-vierge de toute pollution et épargné par les particules fines, et vous vous dites qu’il faudrait un peu mieux répartir la population sur tout le territoire et tirer profit des vastes étendues inoccupées que l’on peut trouver dans un département comme le nôtre.

Oui mais la Lozère n’est pas attractive au premier abord et il ne faut pas compter sur les décideurs politiques ou économiques pour nous envoyer les « prisonniers du giratoire », leur intérêt étant de tout faire pour les conserver dans leur circonscription.

Il nous appartient donc de tout faire nous-même pour attirer de nouveaux habitants et mettre en place ce cercle vertueux qui permettra à nos habitants de bénéficier des fameuses « offres » (emploi, santé, éducation, culture, loisirs, commerces) qui retiennent nos compatriotes dans les grandes villes.

Certes il ne s’agit pas de faire déménager toutes les grandes villes dans le 48 et faire venir avec elles tous les désagréments qu’elles induisent mais juste de faire en sorte qu’habiter ici ne ressemble pas à un sacrifice, de cesser de voir partir les plus jeunes et nos communes se désertifier.

Cela demande des efforts de tous et nous avons quelquefois le sentiment de subir un traitement inéquitable. L’exemple qui me vient à l’esprit immédiatement est celui de la « fracture numérique » : nous payons l’abonnement à internet le même prix qu’ailleurs… pour un service presque 100 fois moins bon.

Pour y remédier , le conseil départemental participe financièrement au déploiement de la fibre optique et cela représente une somme conséquente alors que dans les départements plus peuplés, il n’est pas nécessaire de mettre en place de tels dispositifs pour inciter les fournisseurs d’accès à équiper le territoire.

Mais si cette mesure permet d’attirer des entreprises, puis des employés, des familles dont les enfants rempliront les classes, des professionnels de santé assurés de trouver une patientèle suffisante et des commerces  pour répondre à toutes les demandes, on pourra peut-être bientôt réinventer une nouvelle forme de ville, à taille humaine, dont les habitants ne seront plus captifs et surtout, qui sera…. À la campagne !